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DJIBOUTI

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Démocratie, Justice, Liberte, Développement


LE PREMIER MINISTRE APPELLE AU GENOCIDE DANS LE NORD

Publié par Elmi Diraneh sur 31 Octobre 2016, 00:09am

Ce n’est un secret pour personne : le cinquième Premier ministre de la République de Djibouti ne fait pas dans la subtilité ni dans la courtoisie. Ses récentes vulgarités, lors des questions au gouvernement du mercredi 19 octobre ont défrayé la chronique opposante ; mais l’essentiel est passé inaperçu et c’est ce qui est grave.
Oui, le Premier ministre a eu un langage de voyou en traitant de « chiens » ceux qui manifestaient en Europe. Mais c’est certainement l’exercice d’une si haute responsabilité politique, pour laquelle de toute évidence l’étoffe lui manque, qui l’a changé, car l’homme était connu pour sa discrétion et sa correction. Mais il a dit plus grave … Oui, le Premier ministre a clairement affiché son mépris des institutions républicaines en affirmant que lui aux affaires, le détenu Jabha ne serait jamais libéré. Mais ne dit-on pas que « la vérité sort de la bouche des enfants » ? Etant politiquement irresponsable, car ne rendant des comptes qu’à son maitre qui l’a coopté, il n’a fait que réaffirmer une évidence connue de tous : la Justice n’est pas indépendante à Djibouti. Mais il a dit plus atroce Oui, le Premier ministre a montré ses limites (pour qui en doutait encore) en éructant une haine personnelle contre le détenu Jabha que, selon lui, nul ne connaîtrait ni ne pleurerait à Djibouti : pour sa gouverne, Jabha était mon compagnon de lutte, démobilisé suite à l’accord de paix du 12 mai 2001 : l’ignorance n’est pas un délit, mais l’arrogance est une faiblesse. Mais il a dit plus abominable … Toutes ces outrances du Premier ministre ont été relevées et ont donné lieu à moult manifestations de colère légitime. Mais personne ne s’est senti scandalisé lorsque le Premier ministre s’est transformé en un général génocidaire. Au plus grand désespoir des démocrates pacifistes invétérés, il a informé que son régime allait mener de grandes offensives pour éradiquer la rébellion, « au besoin en massacrant des centaines de civils du Nord ». C’est très exactement la définition du génocide puisqu’il est question pour le Premier ministre d’exterminer un groupe spécifique : les ruraux des régions de Tadjourah et d’Obock. Et aucun opposant ne dénonce une intention criminelle si clairement et publiquement énoncée ? Pourquoi a-t-on l’impression que certains opposants ménagent ou protégent ce Premier ministre ? Pour notre part, en tant qu’ARD, nous comptons officiellement saisir le Sultan de Tadjourah à propos de l’insécurité volontairement organisée par le régime dans le Nord. Ce n’est pas la première fois que le Premier ministre profère de telles menaces de mort (contre les notables) ou d’embargos éducatif (fermeture des écoles comme celle de Badoyta –‘Ela), sanitaire (interdiction aux ambulances de se déplacer en brousse) ou encore alimentaire (l’aide internationale n’est plus distribuée). L’outrance meurtrière de ses propos masque l’essentiel : la paix civile n’est pas inscrite dans l’ADN de son régime. Les récents développements chez notre grand voisin devraient l’inciter à se retirer de la vie politique (lui et ses compères) avant que la vie politique ne le(s) quitte ou les pousse sur le chemin de l’exil. A bon entendeur

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