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DJIBOUTI

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Démocratie, Justice, Liberte, Développement


IOG doit partir

Publié par Elmi Diraneh sur 1 Novembre 2016, 12:02pm

Le colonel-berger Mohamed Djama Doualeh : patron de la garde dite républicaine et tueur en série de la dictature clanique (1ère partie)
Victime d'un accident cardio-vasculaire, le colonel-berger et chef de la garde dite républicaine, Mohamed Djama, est actuellement en convalescence dans la capitale française. Hospitalisé depuis deux semaines à l'hôpital militaire Percy-Clamart, en région parisienne, pour ses problèmes de cœur, le colonel-berger vient de donner un signe de vie en postant un cliché sur les réseaux sociaux. En effet, il a mis en ligne une photo de lui. Sur ce cliché, on le voit prendre la pose devant un institut de beauté au doux nom de « Beauty story », un institut situé au 146 rue de la Pompe à Paris (dans le 16 ème arrondissement). Il s'est photographié à quelques pâtés de maison du siège de notre ambassade à paris. Étrange mise en scène. En postant ce cliché sur les réseaux sociaux, le colonel-berger semble sûrement vouloir dire et montrer quelque chose. Mais quoi donc? Une chose est sûre, c’est qu’il ne s’est pas mis en scène juste pour faire plaisir aux facebooknautes djiboutiens. D’autant plus que l’on n’a pas encore observé une exhibition de sa part sur la toile. C’est même la première fois qu’il se montre. Loin d’être anodine, cette soudaine exposition de ce colonel-berger d’ordinaire peu disert sur ses déplacements, surtout lorsqu’il s’agit de séjour sanitaire, traduit bien quelque chose. A travers cette photographie, il est évident qu’il veut faire passer un message exclusivement destiné à une personne en particulier. « Je me sens bien, je suis rétabli », telle est l'information que le convalescent Mohamed Djama voulait transmettre à la régente deoit démis du jour au lendemain de ses fonctions. Plus exactement, que la régente de Haramous le vire de son poste de patron de la garde dite républicaine et qu'elle le remplace par un cousin à elle. C'est pourquoi, le colonel-berger a quitté sa chambre d'hôpital et s'est prêté volontiers à la petite mise en scène. Il se devait d'envoyer une carte postale à qui de droit avec en filigrane la nouvelle de son rétablissement. « Pitié, Khadra ! Ne me virez pas, je vous promets que je rentre dès que je peux », semble vouloir dire le convalescent berger à la très crainte régente de Haramous.
Aura-t-elle pitié de lui ou profitera-t-elle du séjour sanitaire du colonel-berger hors du pays pour le décapiter ? A vrai dire, le sort de ce sinistre gugusse est le cadet de nos soucis. A moins d'être dans un état d'assujettissement total, il est difficile d'éprouver de la compassion pour un individu aux mains sales qui a massacré nombre de nos compatriotes. Tout le monde s'accorde à dire que le colonel-berger est un criminel notoire qui est l'auteur d'un nombre incalculable d’homicides volontaires et de meurtres volontairement non élucidés ou classés sans suite. Ce criminel est tellement exécré par la majorité de la population djiboutienne que son récent accident cardio-vasculaire, qui lui a valu son séjour Haramous , Khadra Haid. sanitaire parisien, a été interprété comme une punition divine. Mohamed Djama est en fait la troisième personne la plus haïe de notre pays, il arrive tout juste derrière le duo de tête qu'est le couple de Haramous (le tyran Guelleh et son épouse Khadra Haid). Une détestation amplement justifiée. Car, ce colonel-berger n'hésite pas à avoir la main leste quand il s'agit d'exercer la violence d’État sur le peuple de Djibouti. Une violence souvent arbitraire et gratuite.
Avant de lister les crimes de ce colonel-berger qui, au passage, pourraient facilement lui valoir le chef d’inculpation de « crime contre l’humanité », dressons son portrait.
Mohamed Djama n'est pas originaire de notre pays puisqu'il nous vient de la Somalie voisine. Il est né dans un campement près de la bourgade de Guérissa, un endroit situé au nord de la Somalie. Nous ignorons sa date de naissance exacte pour la simple raison qu'elle n'a été enregistrée nulle part. Faute de maternité, le petit Mohamed est venu au monde dans un toukoul, une hutte au toit de chaume. Petit, il a passé les premières années de sa vie en brousse, avec ses parents. Une enfance très difficile dans une contrée inhospitalière, aride et désertique. Il a grandi dans cette région très chaude continuellement en proie à la sécheresse. La famille de Mohamed Djama a appris à vivre avec ce phénomène naturel qui Pourquoi elle tout particulièrement ? Il n'est un secret pour secret que le colonel-berger n'est décimait, à chaque fois, le maigre cheptel de la famille. C'est dire la rudesse de l'environnement. Il paraît que le chacal lui-même traverse cette région qu'après avoir fait son testament. C'est dans ce territoire où l'on ne mange pas souvent à sa faim que le petit Mohamed a passé toute son enfance et une partie de son adolescence. Une jeunesse sans jeunesse. Une vie de survie. Pour survivre dans ce milieu hostile où la mort rode constamment, les parents de cette contrée n’ont pas trouvé mieux que d’éduquer leurs progénitures de façon pour le moins étrange. En effet, l’on inculque aux enfants, dès qu’ils sont en âge de comprendre, non pas des valeurs morales mais ce code de l'immoralité et du parfait desperado « Ba' baro, been baro, boob baro » (que l'on peut traduire par apprend à boire le calice jusqu'à la lie, à mentir, à piller). C'est ainsi que le jeune Mohamed a été conditionné, dès son enfance, à devenir un vrai bandit de grand chemin, un être sans foi ni loi. Est-il nécessaire de souligner que les enseignements prodigués dans cette contrée contreviennent à l'esprit et à la lettre du « Xeer Ciise », le contrat socio-politique censé régir le clan auquel appartient la famille de Mohamed. Un contrat qui promeut l'honnêteté et la vertu en toutes circonstances comme en témoignent les deux maximes suivantes :
«Beenaale markhaati ma galo» on ne peut prendre à témoin un menteur car son témoignage ne vaut rien.
«Beenaale sahan looma diro» on n’envoie pas un menteur, en prospection d’un meilleur lieu de pâturage.
Le jeune Mohamed Djama a donc appris à mentir dès les premières plus en odeur de sainteté années de son existence. Quant à l'initiation au vol et au brigandage, nous ne sommes pas en mesure d'infirmer ou de confirmer si ce bédouin a mis en pratique cela.
Sa famille nomadise tant bien que mal, des années durant, dans une aire de transhumance où l'herbe se réduit comme peau de chagrin et l'eau se raréfie. Sa mère arrive quand même à rationaliser les maigres ressources disponibles dans cet environnement de plus en plus inhospitalier. Une région que la petite famille sera contrainte de quitter à la suite d'une terrible période de sécheresse qui s'est abattue sur la bourgade de Guérissa et toutes les aires de transhumance avoisinantes, dans un rayon de 80 km. Cap vers le Galbeed, en Éthiopie. A l'exception du jeune Mohamed, le campement prend la direction de ce Galbeed où le pâturage est en abondance. Très chétif, il ne pouvait pas supporter un tel voyage. C'est pourquoi sa mère a décidé de l'envoyer chez un membre de sa famille à Ali-Addeh, une localité située à quelques kilomètres de la ville d'Ali-sabieh (chef-lieu du district du même nom). A Ali-Addeh, il y a été très bien accueilli par son oncle maternel qui lui offre le gîte, le couvert et les habits de citadin. Le jeune berger se familiarise cahin caha avec la vie semi-citadine. Il réside dans ce village pendant deux années avant de partir à l'assaut de la capitale.auprès de l'épouse du dictateur Gueleh. Depuis quelques temps, Mohamed Djama redoute plus que jamais qu'il so Après la halte d'Ali-Addeh, Mohamed Djama arrive enfin à Djibouti-ville. Il est hébergé par un oncle. Solitaire et asocial, il a eu beaucoup de mal à s'intégrer, à s'adapter dans sa nouvelle vie. Il faut dire aussi que les jeunes de son quartier ne lui ont pas facilité la tâche, notamment en se moquant souvent de lui et en l’affublant de toutes sortes de quolibets.
Après une période d’acclimatation, son oncle décide de scolariser le néo-citadin Mohamed Djama. Mais comme il ne pouvait suivre une scolarité normale du fait de son âge avancé, l'oncle l'inscrit dans le seul établissement qui pouvait l’accueillir, à savoir l'école « Pecoul ». Il s'agit d'un établissement crée en 1960 par un couple chrétien, Raymond Pecoul et son épouse, situé dans le quartier d'Ambouli-djebel, (près de l'aéroport de Djibouti et à quelques kilomètres du centre-ville). Gérée par l'association nationale pour la protection de la jeunesse ANPJ, l'école accueille surtout les garçons issus de l'exode rural, les jeunes privés d'attaches familiales dans la capitale ou des mineurs isolés et enfin les enfants des familles défavorisées. A une période, ce centre accueillait jusqu'à 280 garçons, de 7 à 18 ans, dont 200 internes. On leur dispensait une formation technique. A l'école Pecoul, Mohamed Djama ne se distingue ni par ses résultats scolaires qui sont médiocres ni par son comportement avec ses camarades de classe. Il était le mouton noir de l'école. Mohamed Djama finira par abandonner les études. Cancre un jour cancre toujours !Quelques temps d'errance plus tard, la chance sourit au cancre et bédouin grâce à un oncle maternel. Ce dernier intervient en sa faveur auprès du puissant chef d'état-major de la force nationale de sécurité (FNS), Yacin Yabeh Galab (AUN). C'est ainsi que Mohamed Djama est recruté dans la police en septembre 1984. Lors sa formation de policier, au demeurant rudimentaire, il s'est illustré dans un seul domaine : le sport. Et à l'issue de cette formation, il est affecté à la surveillance des domiciles, particulièrement les résidences des barons du régime. Ne sachant ni lire et ni écrire, Mohamed Djama se contentera, entre 1984 et 1991, de cette tâche ingrate. Monter la garde devant les maisons des autorités, telle a été pendant toutes ces années l'activité principale de l'enfant de Guérissa.
A suivre : naissance d'un tueur en série

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