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DJIBOUTI

DJIBOUTI

Démocratie, Justice, Liberte, Développement


MODEL passation de pouvoirs entre le président sortant Sougueh Ahmed Robleh et le nouveau président Ismail Ahmed Waberi

Publié par La Plume sur 26 Février 2017, 15:53pm

Discours du nouveau président du parti MoDeL, Ismaël Ahmed Wabéri.
A la cérémonie de passation organisée le vendredi soir 24 février 2017 au siège central de la Cité Progrès.

Madames et Messieurs,
Chers militants et sympathisants,
Chers compatriotes,
Honorables invités.

En cette soirée que chacun devine si importante pour le futur du MoDeL, c’est un honneur pour moi de fêter, en ce vendredi 24 février 2017, dans cette ambiance familiale, festive et colorée, et surtout avec vous, cette passation de pouvoir au sein de notre parti. La première. La toute première, parce que notre parti est jeune. Jeune dans son histoire : Le MoDeL n’a que 4 ans d’existence. Jeune dans sa composition : Ces membres sont en majorité des jeunes. Le MoDeL regorge de talents bloqués derrière le mur du chômage. Durant ces quatre dernières années, dans chaque siège où je suis passé, dans chaque section où je me suis rendu, j’ai rencontré des jeunes qui s’identifient corps et âmes au MoDeL.

J’y ai vu de l’enthousiasme dans leurs yeux, de la vitalité débordante et surtout de la loyauté. Et je crois qu’il ne faut pas avoir de crainte en l’avenir car avec eux, il n’y aura pas de manque. Ni en nombre ni en qualité.

Notre parti est puissant : De par sa diversité, il est capable de déployer un formidable potentiel humain de bonne volonté, une capacité technique, de création et de savoir-faire incomparable.

Au sein du parti, s’est mis en place, durant ces quatre années, un irrésistible torrent d’énergie collective créant autour une synergie de telle sorte que le MoDeL soit vu par la population Djiboutienne comme une lueur d’espoir.

Cet espoir et cette attente, je les ai moi-même entre-aperçus, hier, en ma qualité de Secrétaire Général Adjoint du parti. Cela m’a amené à croire encore et davantage que le changement est possible. Le changement doit commencer avant tout devant notre propre porte. Au sein même de notre parti.

En vérité, il est indéniable que nous avons tout à gagner à démocratiser la culture de l’alternance et ses pratiques. Rompre avec l’exercice ultra personnalisé du pouvoir, c’est rompre avec l’immobilisme. Avec la sclérose. C’est rompre, aussi, avec le ronron de la routine source de l’épuisement des forces vitales. Le salut de tout un groupe d’individus ou de tout un peuple passe-t-il par le salut d’un seul et unique homme ? Je ne le crois pas. Et c’est d’ailleurs contraire à ma conception de la politique.

J’ai l’intime conviction que le renouvellement a vertu de mobilisation. Il démontre aussi une pratique plus démocratique. L’adage dit que « le cerveau ne retient que le neuf, le pertinent. », tout le monde saura que quelque chose a changé et que le renouvellement exige un nouvel éla

élan. Voici venu le moment de prendre une nouvelle route pour le MoDeL. Un nouveau départ.
Vous m’avez élu, le vendredi 10 février 2017, pour concrétiser cet espoir et cette attente placés en nous. Ce choix, Mesdames et messieurs, c’est le votre.

Mes chers camarades, chers amis, vous m’avez choisi, pour servir le MoDeL et tous ses membres. A partir de ce soir, je prends, solennellement, la plus haute fonction avec beaucoup de fierté et en ayant, surtout, conscience de l’exigence de la responsabilité.
Que vous m’ayez soutenu ou pas, que vous ayez voté pour moi ou non, je peux vous promettre que je ferai de mon mieux pour être le garant de vos intérêts, sans discrimination et malveillance. Dorénavant, mon rôle n’est plus le même. Il s’agira de rassurer, d’apaiser et d’écouter.

Seul, je n’y arriverai pas. C’est pourquoi, je vous promets que chaque décision que je serai amenée à prendre se fera dans le débat, la concertation et dans l’unité. Le leader n’est-il pas celui qui met en avant l’intérêt général plus que l’intérêt personnel ? Oui, je serai celui qui privilégie le groupe plus que le soi. Entre un politicien qui a des convictions et un politicien qui va à la soupe, mon choix est vite fait.

Diriger seul, décider seul pour les autres, vouloir tout faire tout seul, est malheureusement l’engrenage qui a mené les partis et la République dans la déchéance politique et culturelle, symptômes de la détresse quotidienne et du bâillonnement de toute critique, alors que le propre d’un parti politique est, avant tout, une association de femmes et d’hommes libres qui décident librement et délibérément de se rassembler pour réfléchir et agir ensemble, afin de défendre leurs convictions communes sur l’état de la société et les moyens de la transformer, en quelque sorte, un lieu d’action et un laboratoire d’idées.

C’est pourquoi, je me suis entouré d’une nouvelle équipe dirigeante équilibrée, issue de la nécessité de rassembler, composée d’hommes et de femmes. Des jeunes et moins jeunes. Connus et moins connus. Je l’ai soumise au Conseil National de ce vendredi après-midi 24 février 2017 qui l’a approuvée dans son intégralité, suscitant, ainsi, l’adhésion.

Une nouvelle équipe, donc, de treize personnes, capable de regarder plus haut et qui, du coup, voit plus loin, capable aussi de faire ce qui doit être fait, maintenant et demain, pour le compte de tous.

Mes chers camarades, dans un contexte comme le notre où la dictature en place verrouille tout et combat férocement toute alternative, il y a deux conceptions totalement opposées de faire de la politique. Il y a la politique de séduction et la politique de conscience.

J’ai choisi personnellement la politique de conscience car les temps que nous vivons ne laissent pas le choix lorsqu’on est porteur d’un projet social. Avec ses risques et périls. Il s’agit d’une politique du courage et je suis prêt à consentir des sacrifices. La nouvelle équipe aussi. Je n’y ai pas renoncé, hier, en tant que Secrétaire Général Adjoint. Je n’y renoncerai pas ni aujourd’hui, ni demain, en tant que Président du MoDeL. Ma nouvelle équipe aussi. C’est un défi qu’il nous appartient de gagner.

Nous aurons besoin du temps, mais aussi des ressources tant humains que financiers. Nous aurons besoin de vous tous. De l’engagement de chacun, tout en ayant confiance dans les décisions prises. Nous aurons besoins de l’audace et de la générosité. Mon équipe et moi-même, nous vous demandons à se mettre en mouvement et à nous accompagner dans une expérience singulière, exaltante et féconde. Parce que la tâche à accomplir est d’ampleur. Il faut la commencer dès à présent.

Mon ambition est grande. Tout vous dire maintenant pour tout réaliser après, telle est, me semble-t-il, la seule voie instaurant la confiance entre vous et mon équipe. Je considère trois domaines comme prioritaires pour réinventer le MoDeL que nous voulons.

e premier domaine est la formation, pilier de notre ressource humaine. Je créerai avec mon équipe, l’école du parti qui aura pour mission de former ses militants et ses cadres.

Cette école élaborera aussi, un processus d’intégration de nouveaux membres et une stratégie de fidélisation.
Mon premier engagement est, par conséquent, le progrès humain au sein du parti : C’est de m’occuper de vous, car voyez-vous, ces quatre dernières années, toute l’énergie a été consacrée dans la lutte au sein de l’USN.

Mon deuxième engagement, est de donner une meilleure visibilité nationale et internationale au parti. Point n’est besoin d’expliquer en détail que cela demande une refonte totale de la cellule de communication du parti et celle s’affairant aux relations extérieures afin que la diaspora suive nos activités en toute clarté et que la communauté internationale comprenne davantage le parti. J’y mettrai une équipe disponible et parfaitement rôdée aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) capable de faire rayonner le MoDeL tant dans sa communication interne qu’externe.

l s’agit même d’une urgence pour ce deuxième point.
Mon troisième et dernier engagement est d’élaborer des stratégies d’investissements financières et commerciales qui génèrent des sources de revenus permanentes au parti. Stratégie que je soumettrai au prochain Conseil National qui adoptera le budget annuel de la nouvelle équipe dirigeante.

Mon troisième engagement est, donc, de donner une autonomie financière au parti et de diversifier les recettes dont la majeure partie provient actuellement de la cotisation des membres.
Mes chers amis, je veux vous affirmer, une nouvelle fois, ma volonté de mettre scrupuleusement en œuvre l’orientation politique adoptée par les membres du Conseil National le 11 décembre 2016 : S’occuper encore et davantage de l’enracinement du MoDeL dans la république de Djibouti. Le MoDeL ne fait parti d’aucune coalition ou toute autre alliance politique.

Mes chers camarades, les trois années dans l’USN, coalition des partis d’opposition Djiboutiens, ont été courtes. Palpitantes. Mais Oh combien épuisantes. Ce fut une expérience enrichissante. Elle nous a permis de connaître et de nous faire connaître dans cette réalité Djiboutienne si complexe. Désillusion et amertume sont les maîtres-mots. Il ne faut tout de même pas tout valdinguer car il en sort des belles certitudes, notamment que beaucoup attendent plus de nous.

Et pourquoi ?

Parce que les libertés fondamentales et le respect des droits humains perdent du terrain au profit de la répression, de la corruption et de l’injustice. Le constat qui s’impose est que la tâche est la même que voilà quatre décennies. Notre pays connaît une hémorragie qui désoriente nombre de nos concitoyens rongés par le doute et le chômage. Nous ne devons pas le laisser s’anémier.

Le tribalisme emporte tout sur son passage et entre en collision avec les valeurs universelles qui fondent une république. Il a été, tout d’abord, idéologiser puis, moraliser et enfin matérialiser pour nous diviser. Au dessus de ce champ de désolation et dans ce cercle vicieux et destructeur, cohabitent les grandes nations, alliées ou belligérants de la seconde guerre mondiale, sans pour autant contester les méthodes dictatoriales du régime. Peut-être que ce qui couve dans la marmite Djiboutienne reste encore mal saisi par les décideurs de ces pays.

Mes chers camarades, je voudrais, avant de conclure, rendre hommage à Ahmed Youssouf Houmed, président de l’USN, à Omar Elmi Khaireh et au regretté Ismail Guedi Hared.

Mes pensées vont également au martyr pour la liberté Mohamoud Elmi Rayaleh. Mon ami d’enfance. Mon camarade de classe. Mon collègue de travail. Mon compagnon de lutte. Et surtout, mon frère de conviction. Je pense très fortement à toi en ce moment où le MoDeL, ton parti prend un nouvel élan.

Mes amis, comment ne pas remercier l’ancien président, Sougueh Ahmed Robleh, père fondateur du MoDeL qui a réussi à nous réunir tous afin de s’épanouir dans ce bel édifice qu'est le MoDeL. Oui, il mérite une ovation, car avec son départ, il vient de nous montrer qu’il est un démocrate convaincu.

C’est une nouvelle histoire qui se construit à partir de ce soir.

Merci à vous tous.

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