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DJIBOUTI

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Démocratie, Justice, Liberte, Développement


Par Bolock Med Abdou. Voilà ce que m'inspirent les élections communales et régionales du 24 février 2017.

Publié par La Plume sur 25 Février 2017, 21:16pm

Voilà ce que m'inspirent les élections communales et régionales du 24 février 2017.

1/ Au vu de la liste présentée par l'UMP à ces élections, c'est à l'enterrement politique du FRUD que nous assistons. En effet en étant la principale composante de l'UMP, le FRUD n'a réussi à obtenir aucune tête de liste, ni à placer un seul de ses membres dans la liste. C'est belle et bien la fin de la présence du FRUD dans le paysage politique de Djibouti. C'est vraiment dommage mais c'est ainsi.

2/ Idem pour le RPP, qui avait créé une commission présidée par Monsieur Houssein Sekou Touré pour détecter des leaders d'opinion dans les différentes annexes du RPP. La commission est revenue apparemment bredouille puisqu'aucune annexe n'a pu livrer un candidat crédible. Toutes les têtes de liste ne proviennent d'aucune annexe du RPP, autrement dit le RPP ne dispose en son sein d'aucune personne crédible susceptible d'être candidat ou tête de liste

3/ En refusant la candidature de Said Daoud, homme d'affaires bien connu des Djiboutiens, le RPP a clairement affirmé que la candidature pour la mairie était réservée à une seule ethnie. Nous nous doutions lorsqu'en 2012 on avait écarté la candidature de Monsieur Youssouf Nouho, mais nous avons eu la confirmation par l'empêchement de la candidature de Monsieur Mohamed Houmed plus connu sous le surnom de Charlie Laqde et de Monsieur Abdallah Habib Bourhan Bey et de l'acceptation du candidat de l'UDJ. Au moins même si on essaye de camoufler la réalité, les choses sont claires.

4/ On avait tout imaginé sauf que le FRUD serait instrumentalisé à ce point par le RPP. C'est une humiliation pour le FRUD qui signe son arrêt de mort. Quand au RPP, fidèle à lui même, il a fait savoir qu'il ne tolèrerait aucune voix discordante et ainsi on a écarté toute candidature indépendante même issue de la société civile ou même de la mouvance présidentielle comme à Tadjourah ou Obock. Qui a dit que nous sommes en démocratie ?

5/ Ce qui valable au Nord ne l'est pas au sud du pays. A Dikhil le candidat sortant est reconduit pour un troisième mandat, et les deux communautés sont presque à égalité sur la liste. Mais à Arta un seul candidat pour la communauté Afar sur 9 candidats. Pas un de plus et on est prié de ne pas rappeler que lors des élections législatives précédentes on nous avait sucré le poste de Depute qui nous revenait de droit. Pour ceux d'entre nous qui ont voulu faire observer que les Afars sont plus importants en nombre et en territoire à Arta que les Issas à Dikhil et que ceci est injuste et discriminatoire et qu'elle est susceptible de créer une tension et des frustrations, le RPP nous a répondu que nous n'avions tout simplement pas compris la nouvelle politique d'expansion. Peut-être mais c'est une aventure risquée et qu'il serait plus sage de la modérer. Le cas du Lac Assal en est la parfaite illustration.

6/ Avec ce qu'on vient de voir à ces élections communales et régionales, la vraie question est les prochaines élections législatives de l'année prochaine, c'est quitte ou double pour le pouvoir avec deux scénarios.
Scénario A : On fait comme aux élections communales et régionales et on n'accepte que des listes qui arrangent le pouvoir. Avec cette configuration c'est l'élimination de toutes les forces de l'opposition et c'est l'affrontement assuré. Et le pire est à craindre.
Scénario B : conscient du danger et constatant le suicide qui s'annonce avec l'élimination de l'opposition, le pouvoir recule et on accepte les listes de l'opposition unifiée ou divisée comme en 2013. Là une vraie dynamique démocratique peut s'enclencher et ainsi éviter le pire, à condition qu'on accepte la transparence.
Le souci de tout ce spectre politique est qu'aujourd'hui je n'ai personne pour qui voter. J'en ai un peu marre de voter " contre ", à chaque fois de faire barrage, de voter par dépit. Je ne me résigne pas à l'abstention car je ne veux pas que les autres décident pour moi. Je n'ai pas vu non plus les différents programmes des candidats pour espérer faire un vrai choix. Dommage !
Mais au delà de tous les calculs, une chose est sûre : la politique est importante mais ce n'est pas le seul espace où les choses peuvent bouger. Pour le moment dans notre pays l'espace politique est fermé et inexistant
 
 

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